PEQUIGNET ROYALE PARIS CHRONO
Watches & Wonders 2026 a marqué un tournant pour Pequignet. La Manufacture de Morteau y présentait sa Pequignet Royale Paris Chrono, son tout premier chronographe maison après plus de cinquante ans d’histoire. Trois mois plus tard, la montre est en boutique, déclinée en trois couleurs de compteurs, et nous avons pu la prendre en main. Voici notre review complète : design, mouvement, ressenti au poignet, prix et verdict.

Pourquoi cette montre n’est pas une nouveauté comme les autres
Disons-le d’emblée : la Pequignet Royale Paris Chrono n’est pas un lancement comme un autre. C’est le premier chronographe manufacture de la maison franc-comtoise, et le cinquième mouvement développé en interne après les Calibre Royal®, Calibre Royal® Manuel, Calibre Initial® et Calibre Royal® Tourbillon. Pour une marque française indépendante qui se reconstruit pas à pas depuis 2017, et qui a passé un cap supplémentaire en 2021 avec l’arrivée de Hugues Souparis au capital, le geste est lourd de sens.
Le chronographe, rappelons-le, est une invention française. Le 1ᵉʳ septembre 1821, sur le Champ-de-Mars à Paris, l’horloger Nicolas-Mathieu Rieussec utilise pour la première fois un appareil de son invention pour chronométrer une course hippique. Deux cents ans plus tard, faire revenir cette complication dans le pays qui l’a inventée, sous une signature française, n’est pas la moindre des élégances symboliques. Encore faut-il que la montre tienne ses promesses. Verdict après prise en main.


Le boîtier : du dessin, de la matière, du caractère
Première impression au poignet : la Pequignet Royale Paris Chrono est une vraie « pièce de design ». Le boîtier en acier 316L mesure 39,5 mm de diamètre pour 12,7 mm d’épaisseur. Sur le papier, ça paraît classique. À l’œil, ça l’est beaucoup moins.
Tout vient des cornes rapportées — produites séparément puis fixées au boîtier — qui sont la signature visuelle de la collection Royale Paris. Elles donnent à la montre une silhouette architecturale, presque sculptée, qu’on retrouve dans peu de chronographes contemporains. Ajoutez à cela le profil ciselé, l’échancrure concave en forme de « gouge » qui court tout autour du cadran, et vous obtenez une pièce qui se reconnaît instantanément. Pas une énième relecture sage de la Royal Oak ou de la Nautilus : un vrai dessin, qui assume.
Détail qu’on apprécie immédiatement : la couronne et les deux poussoirs sont parfaitement alignés. Pequignet a intégré un système de tige déportée pour rendre cet alignement possible — une coquetterie technique qu’on retrouve chez peu de marques à ce niveau de prix. Les poussoirs polis à bout concave ont un toucher franc, sans flou. Quand on déclenche, on sent que ça part. C’est satisfaisant.
La glace saphir bombée de type glass box ajoute du caractère vintage à l’ensemble — un peu de profondeur, un peu de chaleur. Le fond est tenu par 6 vis avec ouverture saphir : on peut admirer le mouvement, et c’est tant mieux, vu le travail qui a été fait dessus (on y vient).
Étanchéité 5 ATM (50 m) : suffisant pour le quotidien, conforme aux usages d’un chronographe sport-chic. Personne ne va plonger avec, et c’est très bien comme ça.
Le cadran : un terrain de jeu pour les amateurs de détail
C’est là que la Pequignet Royale Paris Chrono se révèle vraiment. Le cadran opalin silver est un petit exercice de virtuosité visuelle, qui joue sur plusieurs niveaux de matière et de profondeur.
Le plateau central arbore une texture grainée « fort » qui donne un aspect minéral, presque pierreux, et qui accroche la lumière de manière singulière selon l’angle. Tout autour, une double gouge structure la composition : la première fait office de transition visuelle, la seconde accueille une échelle tachymétrique. Le résultat est un cadran multi-niveaux, à la fois moderne et richement détaillé.
Au centre, deux compteurs azurés au fini circulaire viennent contraster avec le grainage du fond — petite seconde à 3 h, compteur 30 minutes du chronographe à 9 h. La trotteuse de chronographe, elle, balaie le cadran depuis le centre. Le logo Pequignet rhodié trône en relief, surmonté de la mention « Chronographe » et de l’inscription « Manufacture Française ». Les index biseautés ont une double finition polie et satinée, et les aiguilles heures/minutes en acier poli sont garnies de Super-LumiNova TC1 bleu pour la lecture nocturne.
Architecture bi-compax assumée — deux compteurs, pas trois — qui évite l’effet « cadran trop chargé » et préserve une vraie élégance. C’est ce qui distingue la Pequignet Royale Paris Chrono de la masse des chronographes contemporains, souvent plus encombrés.

Trois couleurs, trois personnalités
La Pequignet Royale Paris Chrono existe en trois versions, qui ne diffèrent que par la couleur des deux compteurs azurés. Mais cette simple variation de couleur change radicalement la personnalité de la montre.
- Compteurs bleus (réf. 9120313) — la version la plus classique. Le bleu profond rappelle les chronographes habillés européens, lecture marine et discrète. Polyvalente, qui passe partout.
- Compteurs rouges (réf. 9120413) — la version sportive, plus typée, avec un clin d’œil aux chronographes pilote et racing des années 1960-70. Pour ceux qui veulent une montre qui se voit.
- Compteurs noirs (réf. 9120513) — exclusivité boutiques Pequignet et site officiel. Configuration de panda inversé, contraste fort, très contemporain. Sans doute la version la plus polyvalente du trio.
Bon à savoir : la version noire est une exclusivité réseau direct (boutiques Pequignet Paris et Besançon + pequignet.com), tandis que les bleues et rouges sont également disponibles chez les revendeurs agréés. Pas d’édition limitée : juste une avant-première qui rejoindra probablement le réseau plus large à terme.
Le mouvement : un Calibre Initial Chronographe inédit
C’est évidemment le cœur du sujet. Pour animer la Pequignet Royale Paris Chrono, la maison a développé un mouvement sur la base du Calibre Initial®, son automatique 3 aiguilles-date introduit en 2020-2021. Logique : le Calibre Initial avait été dessiné dès l’origine pour pouvoir accueillir un module chronographe.

Collaboration franco-suisse assumée
Pour donner vie à la complication chronographe, Pequignet s’est associé à une prestigieuse manufacture suisse, spécialiste mondiale des complications. Le nom du partenaire n’est pas communiqué, mais le geste est cohérent : la Franche-Comté et l’arc jurassien suisse appartiennent au même bassin horloger, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Plutôt que de jouer l’autarcie technique impossible, la Manufacture revendique une complémentarité.
C’est intellectuellement honnête. Et ça donne un résultat qui fonctionne.
Architecture à came : un choix qu’on défend
Le Calibre Initial® Chronographe adopte une architecture à came plutôt qu’à roue à colonnes. Beaucoup d’amateurs trouveront ça moins « noble » sur le papier — la roue à colonnes garde une aura de tradition. Mais en pratique, les deux solutions se valent techniquement, et la came présente même de vrais avantages : déclenchement plus franc, meilleure résistance aux chocs, fiabilité éprouvée. C’est d’ailleurs l’architecture du Valjoux 7750, l’un des chronographes les plus produits au monde, et de l’Omega Speedmaster Moonwatch depuis 1968. Difficile de leur reprocher quoi que ce soit.
Pour une montre destinée à être portée au quotidien, ce choix fait sens. À l’usage, on apprécie la fermeté des poussoirs.
Configuration et finitions
Affichage de la Pequignet Royale Paris Chrono :
- Heures et minutes au centre,
- Petite seconde à 3 h,
- Compteur 30 minutes chronographe à 9 h,
- Trotteuse 60 secondes centrale du chronographe.
Avec 12,7 mm d’épaisseur, la montre reste contenue pour un chrono automatique — un vrai travail d’optimisation. Le calibre est réglé sur 6 positions, gage de précision dans toutes les positions de port (debout, couché, à plat, etc.).
Et la décoration, alors ? C’est sans doute là que la maison fait sa plus belle démonstration. Pequignet a opté pour un parti pris plus mat, plus urbain que sur ses calibres précédents :
- Pont de balancier et plaque de maintien creusés, avec finition grainée, satinée et perlée,
- Biseaux diamantés,
- Masse oscillante ajourée laissant entrevoir une fleur de lys en relief — signature visuelle de Pequignet depuis l’arrivée du Calibre Royal.
C’est cohérent, c’est soigné, et ça change agréablement des finitions ultra-classiques qu’on voit partout. Le côté « mat-urbain » colle parfaitement à l’esprit sport-chic de la collection.
Détail qui n’en est pas un : comme pour les quatre autres mouvements maison, l’intégralité des composants est sourcée dans un rayon de moins de 80 km autour de Morteau. Une politique de proximité industrielle qui distingue Pequignet d’autres « manufactures » dont les composants viennent en réalité d’Asie. À l’heure où le « Made in France » horloger se résume parfois à un assemblage final, ça compte.
Au poignet : ce qu’on ressent vraiment
Sur la photo, on peut hésiter sur les proportions. Au poignet, le doute se lève : la Pequignet Royale Paris Chrono tombe bien. Le diamètre de 39,5 mm est dans la moyenne contemporaine, mais l’entre-cornes de 20 mm et la corne-à-corne de 47 mm restent contenus. La montre n’écrase pas un poignet moyen et se loge bien sous une manchette de chemise. Avec 12,7 mm d’épaisseur, elle est plus mince que la plupart de ses concurrents directs — un point notable pour un chronographe automatique.
Le bracelet acier, avec ses larges maillons brossés ponctués de petits maillons polis de liaison, joue la même partition de contraste que le cadran. Le système de pompes interchangeables permet de passer rapidement à un bracelet cuir ou textile, sans outil — et Pequignet propose sur son site une gamme dédiée. Bon point pour la polyvalence.
Le fermoir est une boucle déployante en acier poli avec le logo fleur-de-lys gravé. Discret, efficace, classique.

Pequignet Royale Paris Chrono : prix et disponibilités
Voilà sans doute le sujet le plus sensible. La Pequignet Royale Paris Chrono est proposée selon deux montages :
| Configuration | Prix TTC |
|---|---|
| Bracelet cuir | À partir de 6 450 € |
| Bracelet acier | 6 950 € |
L’écart de 500 € entre les deux montages est conforme au marché. Pour un chronographe manufacture conçu, assemblé et réglé à Morteau, avec un sourcing local et un système d’alignement couronne/poussoirs ce niveau de finition, le rapport prestation/prix est défendable, voire honnête.
À titre de comparaison, dans cette tranche, on trouve majoritairement chez les marques suisses des chronographes utilisant des modules ETA/Valjoux modifiés, ou des trois-aiguilles « manufacture » dépouillés. Là où Pequignet propose un mouvement sur lequel la maison a la main et un travail de finition qui sort du lot, on tient une vraie proposition.
Où acheter la Pequignet Royale Paris Chrono ?
Trois canaux selon la version :
- Compteurs bleus et rouges (réf. 9120313 et 9120413) : disponibles en boutiques Pequignet, sur pequignet.com et chez l’ensemble des revendeurs agréés.
- Compteurs noirs (réf. 9120513) : exclusivité boutiques Pequignet Paris (60 rue de Rennes), Besançon (3 rue Moncey) et pequignet.com. Bracelet cuir disponible en juin 2026, bracelet acier en septembre 2026.
La garantie est de 5 ans, signe de confiance dans la fiabilité du mouvement.
Fiche technique complète
| Diamètre | 39,5 mm |
| Épaisseur | 12,7 mm |
| Boîtier | Acier 316L, finitions polie et satinée |
| Glace | Saphir bombé anti-reflet « glass box » |
| Couronne | Logo fleur-de-lys en relief |
| Poussoirs | 2 poussoirs polis à bout concave, alignés avec la couronne |
| Cadran | Opalin silver, texture grainée « fort », double gouge |
| Compteurs | Azurés — bleus, rouges ou noirs selon version |
| Mouvement | Calibre Initial® Chronographe automatique |
| Affichages | Heures, minutes, petite seconde à 3 h, compteur 30 min à 9 h, trotteuse chrono centrale |
| Réglage | 6 positions |
| Étanchéité | 5 ATM (50 m) |
| Entre-cornes / corne à corne | 20 mm / 47 mm |
| Fond | 6 vis, ouverture saphir |
| Bracelets | Cuir ou acier, pompes interchangeables |
| Fermoir | Boucle déployante en acier poli, logo fleur-de-lys |
| Garantie | 5 ans |
Verdict : ce qu’on retient de la Pequignet Royale Paris Chrono
Ce qui nous a plu
- Un vrai dessin, identifiable, qui ne copie personne — les cornes rapportées et la gouge font la différence.
- Un cadran soigné, multi-niveaux, qui récompense l’observation.
- L’alignement couronne/poussoirs, détail technique rarement vu dans cette tranche de prix.
- Un mouvement maison avec un travail de finition cohérent et original (parti pris mat-urbain).
- Un sourcing local revendiqué, qui colle au discours « manufacture française ».
- Une épaisseur contenue (12,7 mm) pour un chronographe automatique.
- Un positionnement tarifaire cohérent pour ce qui est proposé.
- Le bracelet interchangeable sans outil, qui multiplie les usages.
Ce qu’on aurait aimé voir
- Plus de transparence sur l’identité de la manufacture suisse partenaire du calibre — le mystère, en horlogerie, finit toujours par se savoir.
- Une réserve de marche communiquée officiellement (le Calibre Initial de base affiche 65 h, on imagine que c’est dans le même ordre).
- Une étanchéité un peu plus généreuse que les 5 ATM, étant donné l’esprit sport-chic affirmé — 10 ATM auraient parfaitement collé.
Pour qui ?
La Pequignet Royale Paris Chrono s’adresse à un amateur averti, qui cherche autre chose qu’une Speedmaster ou un chronographe suisse de marque mainstream. Quelqu’un qui valorise l’origine française, le travail de manufacture authentique et un design distinctif. À 6 450 € sur cuir, on est dans une tranche où l’on attend de la singularité plus que du statut — et la pièce livre la marchandise.
Ce n’est probablement pas la première montre à 6 000 €+ qu’on s’achète. Plutôt la quatrième ou la cinquième, quand on commence à chercher des références moins évidentes, plus personnelles. Et c’est très bien comme ça.
Notre note : 9/10
Une réussite à plusieurs titres. Bien dessinée, bien construite, animée par un mouvement maison ambitieux et soigné, à un prix qui reste cohérent. Pequignet signe avec la Royale Paris Chrono sa pièce la plus aboutie depuis le retour du Calibre Royal — et confirme qu’il faut désormais compter avec la manufacture franc-comtoise dans la conversation européenne du chronographe sport-chic.
FAQ — Pequignet Royale Paris Chrono
Quel est le prix de la Pequignet Royale Paris Chrono ?
À partir de 6 450 € TTC sur bracelet cuir et 6 950 € TTC sur bracelet acier. Tarifs identiques pour les trois couleurs de compteurs.
Quel mouvement équipe la Pequignet Royale Paris Chrono ?
Le Calibre Initial® Chronographe, cinquième mouvement manufacture de Pequignet, à architecture à came, développé en partenariat avec une manufacture suisse spécialisée et assemblé à Morteau.
Quelles sont les couleurs de la Pequignet Royale Paris Chrono ?
Trois déclinaisons sur cadran opalin silver : compteurs bleus (réf. 9120313), compteurs rouges (réf. 9120413) et compteurs noirs (réf. 9120513, exclusivité boutiques Pequignet et site officiel).
Où acheter la Pequignet Royale Paris Chrono ?
Versions bleues et rouges : boutiques Pequignet (Paris, Besançon), pequignet.com et revendeurs agréés. Version noire : exclusivité boutiques Pequignet et pequignet.com.
La Pequignet Royale Paris Chrono est-elle une montre française ?
Oui. Conçue et assemblée à Morteau, en Franche-Comté, par la Manufacture Pequignet, labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant. Calibre co-développé avec une manufacture suisse, mais tous les composants sont sourcés dans un rayon de 80 km autour de Morteau.
Quelle est l’étanchéité de la Pequignet Royale Paris Chrono ?
5 ATM (50 mètres) — conforme aux usages d’un chronographe sport-chic destiné au quotidien.
Pequignet Royale Paris Chrono
Calibre Initial® Chronographe — Boîtier acier 39,5 × 12,7 mm — Étanchéité 5 ATM — Garantie 5 ans
- Réf. 9120313 — compteurs bleus (boutiques + revendeurs agréés)
- Réf. 9120413 — compteurs rouges (boutiques + revendeurs agréés)
- Réf. 9120513 — compteurs noirs (exclusivité Pequignet Paris, Besançon et pequignet.com)
À partir de 6 450 € TTC sur bracelet cuir / 6 950 € TTC sur bracelet acier.
Plus d’informations : pequignet.com/pages/royale-paris-chronographe
